La création de la pédagogie Montessori

Quand et comment Maria Montessori à créée sa première Maison des Enfants ?

Maria maison des enfantsMontessori retourne en Italie et fait construire le matériel qu’elle a vu de Seguin. Elle le transforme mais le point de départ est de Seguin. Il y a déjà quelque chose des lettres rugueuses, c’était des lettres creusées. Elle va enseigner aux maîtresses comment utiliser le matériel. Très rapidement, ces enfants ont appris à lire, écrire et compter en manipulant ce matériel.
Maria Montessori inscrit ces enfants au premier niveau d’examen. Non seulement la plupart ont eu l’examen mais l’ont eu d’une façon meilleure que les enfants normaux !
Tout le monde à Rome crie au miracle.
Maria Montessori ne s’émerveille pas car elle sait que ces enfants sont limités dans leur développement, s’ils réussissent mieux que les enfants normaux, qu’est ce qu’on faisait avec les enfants normaux ?
De cette expérience, son intérêt se décale donc vers les enfants normaux. Elle passe de l’instruction au développement, de l’anormalité à la normalité. Elle commence à sortir du champs de l’instruction pour aller du coté du développement.

En parallèle, pendant qu’elle travaille, elle passe ses licence en biologie, philosophie et psychologie !
Sa connaissance des sciences humaines est ainsi assez complète, elle a été chercheur, savant.
Elle s’est toujours placée en tant que chercheur et pas enseignante. Elle a également un cabinet de médecin.

En 1904 on lui confie une chaire anthropologie à l’université de Rome, elle devient professeur et écrit une seconde thèse « anthropologie pédagogique » publiée en 1910.
C’est une militante très engagée dans les faits sociaux. Au premier congrès féministe de Berlin en 1902, elle a déclaré « à qualification égale, salaire égal ». Elle était donc très connue, particulièrement du maire de Rome.
Dans le quartier de San Lorenzo, en banlieue, il y avait des immeubles très vétustes dans lesquels vivait une population migrante du sud. Le maire voulait faire réhabiliter ces immeubles d’une manière moderne, il voulait que dans chaque appartement il y ait toilettes et salle de bain.
Beaucoup de petits enfants d’âge préscolaire passaient leurs journées seuls et dégradaient les locaux. Il fallait une prise en charge pour éviter que les choses se dégradent rapidement.
Le maire demande à Maria Montessori si elle accepte de prendre en charge ces enfants de 3 à 6ans.
C’est une opportunité pour elle d’aller voir de près le développement des petits enfants.

Le 6 janvier 1907 est un moment important car c’est l’ouverture de la première maison des enfants. Déjà Maria Montessori appelle ce lieu « Maison des enfants » et non pas « École »car ce lieu a été ouvert à l’intérieur même des maisons, au rez de chaussée des immeubles, ce n’est pas un lieu construit spécialement pour eux à distance.
Elle fait aussitôt construire des petites tables et chaises adaptées aux tailles des enfants, il y a plusieurs taille de meubles pour 2 ans, 4 ans et 6 ans, ce qui est alors révolutionnaire. Les enfants doivent avoir les pieds qui touchent par terre pour être bien assis.
Jusqu’en 1910 elle va a San Lorenzo, elle y a découvert le phénomène de l’attention chez l’enfant.
En 1908 on venait du monde entier pour visiter cette école.
Elle publie la première édition de son livre « Pédagogie scientifique » en 1909.

Au début elle n’avait jamais travaillé avec les petits, elle ne savait pas grand chose, elle arrive donc avec des jouets et le matériel repris de Seguin.
Elle est médecin et elle voit les enfants arriver pas coiffés, pas très propres…
La première chose qu’elle demande aux maîtresses est de mettre à l’entrée des brocs, des peignes, des brosses, pour que enfants se lavent les mains, la figure, se coiffent, et entrent à la Maison des enfants dignement, propres et coiffés.
Un jour, un enfant entre après s’être lavé les mains et retourne à nouveau se laver les mains, une fois, deux fois,trois fois, avec une teneur particulière. Il commence à se concentrer sur son activité, sur ses mains et cela interroge beaucoup Maria Montessori car elle s’est dit que pour cet enfant là, le but direct visé à travers cette activité c’est d’avoir les mains propres. Or, ce but est atteint la première fois, s’il est répété c’est donc qu’il existe chez lui une force intérieure, quelque chose que l’on ne voit pas qui le pousse à répéter l’activité.
Elle a attrapé le phénomène du fil de l’attention et ne le lâchera pas !

La quête de l’éducateur est d’accéder à l’attention des enfants, se concentrer sur une activité qui a un but défini et intelligent. La construction psychique de l’enfant se fait à travers la concentration.

Le Tome 2 de la pédagogie scientifique relate le phénomène d’une petite fille qui répète 43 fois de suite une activité sans être perturbée par l’extérieur.
Il y a une rupture totale dans l’évolution de la pensée de Maria Montessori.
Elle a appelé vraie nature de l’enfant le secret de l’enfant, elle les a vu se transformer, devenir plus calmes, pacifiques, ils vont vers les autres de façon socialisé.
La conséquence de la concentration est la socialisation, l’éveil social.
Les enjeux sont la construction intérieure et la socialisation des enfants, leurs relations aux autres.

Maria Montessori avait une amie qui avait une menuiserie. Elle lui demande de construire différentes formes du matériel, des prototypes qu’elle donne à manipuler aux enfants. Elle regarde lesquels favorisent l’attention des enfants et garde seulement ceux-la.

La deuxième grande surprise qui la fera connaître du monde entier a lieu avec un enfant de quatre ans. Maria Montessori n’avait pas réussie à faire construire les lettres comme Seguin, creusées, à suivre avec un bâton. Elle a donc pris du papier de verre et a découpé des lettres collées sur du papier normal. Elle les faisait toucher aux plus grands. Un jour, un enfant qui n’avait fait qu’observer, écrit par terre avec une craie et d’un coup dit « j’écris ! »
L’Italien est une langue phonétique, il écrit « cheminée ». Les autres enfants sont arrivés et ont voulu essayer. Il y a eu explosion d’écriture des petits alors qu’ils n’avaient jamais touché les lettres, ils avaient appris par observation et absorption et non pas manipulation. Maria Montessori donne les lettres rugueuses aux enfants de 3/4 ans à partir de ce moment là.

Maria Montessori fait deux découvertes : les périodes sensibles et le phénomène de l’attention, facteur de transformation des enfants.
L’enfant retrouve le chemin de sa construction mentale, il absorbe les éléments de la culture de façon spontanée, naturelle.
Elle comprend que l’on ne fait pas suffisamment confiance aux enfants.
Pour l’écriture et la lecture c’est le travail intérieur de l’enfant qui est important.
La dimension du travail intérieur nous échappe, il faut laisser le temps de maturation, de construction.
La maison des enfants de San Lorenzo est ainsi un laboratoire d’observations pour Maria Montessori.

Le concept de libre choix de l’enfant apparaît, il est très complexe, c’est un acte de construction.
L’enfant commence à savoir ce qui est bien pour lui.

A San Lorenzo il y avait une grande armoire où la maîtresse rangeait le matériel puis le distribuait aux enfants. Une jour, Maria Montessori ne voit pas la maîtresse mais les enfants ont pris le matériel et travaillent. De ce jour là, elle s’est dit : « c’est ça qu’il faut faire ! »
Elle a donc fait construire de petites étagères pour poser le matériel à la disposition et au libre choix des enfants. Elle réalise qu’il faut lâcher le pouvoir !

Quand quelque chose nous échappe, il faut s’interroger, observer, ne pas intervenir !
Il faut être en retrait, jamais dans la réaction, il faut avoir un espace de pensée.

Lire la suite : la transmission de sa pédagogie

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